Jits France: Clean Hugs
3 avril 2025
Nous avons la chance d’être interviewés dans le numéro de juillet du magazine JITS.

“Le contact, les tatamis, la transpiration ; tout ça fait bon ménage quand il s’agit de transmission de microbes et autres saletés. C’est bien là un des points noirs de notre activité, et si vous pratiquez depuis quelques mois ou années, vous avez forcément déjà eu affaire à ce genre de désagréments. Ou peut-être êtes-vous l’un des chanceux qui passent au travers des mailles du filet ? Nous ne sommes pas égaux devant les infections et les maladies et certains ont besoin d’un coup de pouce pour se protéger.
La douche après le sport est un passage obligé, mais les produits utilisés ne sont pas tous aussi efficaces les uns que les autres. Nous sommes allés à la rencontre de Jérémie et d’Adrien, fondateurs de Clean Hugs qui depuis quelques mois, se fait remarquer par le design de la marque, mais surtout par le retour des athlètes sur les savons qu’ils proposent.
Jits : Bonjour Jérémie, bonjour Adrien, pouvez-vous vous présenter ?
Jérémie : J’ai toujours été sportif. Je faisais beaucoup d’escalade (j’en fais encore de temps en temps…) et du muay thaï. J’ai découvert le JJB il y a 4 ans et là, plus rien d’autre n’avait d’importance. J’étais restaurateur sur Paris et j’ai revendu mon restaurant il y a un peu plus d’un an. Aujourd’hui, je suis à 100% sur Clean Hugs.
Adrien : J’ai démarré le JJB en 2011. Cela faisait quelques années que je n’avais pas fait de sport, ça a complètement bouleversé ma vie. Depuis je me suis mis à la course à pieds, j’ai fait le semi-marathon de Paris cette année. Niveau boulot j’ai travaillé en tant que commercial et responsable achat et logistique.
Jits : Pouvez-vous nous parler de votre projet Clean Hugs ? Etes vous spécialistes en dermatologie ?
Jeremie : Non ! Je ne suis pas dermato ! Mais j’ai attrapé un staphylocoque il y a deux ans. C’était l’enfer, cinq mois loin des mats, les traitements, problèmes pour aller bosser, certains jours je pouvais tout juste marcher. J’ai commencé à faire des recherches pour comprendre exactement ce que j’avais et puis surtout trouver des solutions pour ne plus revivre ça. J’ai rapidement compris que rien de réellement bonne qualité n’existait. J’en ai parlé à Adrien et l’aventure Clean Hugs a commencé.
Adrien : Quand Jérémie m’a soumis l’idée, j’ai tout de suite trouvé ça intéressant. En enquêtant sur le sujet, on s’est vite rendu compte qu’il y avait un véritable besoin à combler. On s’est donc dit qu’il fallait foncer.
Jits : D’où vient le design du packaging et de la marque (le lutteur old school)?
Jeremie : Nous ne voulions pas être « enfermés » dans le monde du JJB. Tout athlète est un jour ou l’autre confronté à certains problèmes dermatologiques liés à son activité sportive. La transpiration, les frottements, l’eau… tout ceci va permettre à certaines mycoses, certaines bactéries de se développer sur votre peau. Ma femme a une société de branding. Nous avons été la voir en lui expliquant que nous voulions avoir une image chic, pas que JJB mais un peu bagarre, très française mais ouverte sur l’international.
Très simple quoi ! Nous sommes très fiers du résultat.
Adrien : Le packaging a été un gros sujet de débat… On voulait quelque chose qui puisse plaire à tous mais qui parlerait aux gens qui pratiquent le JJB. On s’est penché sur le travail de plusieurs artistes et ce que faisait Michele Marconi correspondait à l’esprit à la fois moderne et vintage que l’on voulait donner à Clean Hugs. On est effectivement vraiment contents de ce que ça donne, ça ne laisse personne indifférent.

Jits : Comment fabrique-t-on un savon ? Quelles sont les matières premières employés, le processus ?
Adrien : Chez Clean Hugs, très simple. On mélange de la soude avec un corps gras (huile d’olive, huile de coco) et des huiles essentielles aux propriétés antibactériennes et antifongiques, rien d’autre. Que du naturel. Le mélange va monter en température par réaction. C’est ce qu’on appelle la « saponification », c’est là que vont se former le savon et la glycérine. On contrôle la température, pour qu’elle ne monte pas à plus de 40 degrés, c’est l’opération la plus importante. C’est ce qui fait que les huiles essentielles conservent leurs propriétés et donc protègent votre peau.
Jits : En quoi un savon comme le vôtre est mieux qu’un savon « normal » ? Pensez-vous que les savons « normaux » ne sont pas assez bien pour les jujitsukas ?
Jérémie : Les jiujitsukas sont exposés à toutes sortes de bactéries, germes et mycoses qui se développent sur les tapis. Souvent les profs me disent : « nous nettoyons les tapis tous les jours ! » C’est déjà très bien, vraiment. Le problème c’est qu’on arrive tous sur les tatamis après une journée de travail, à macérer dans nos vêtements, nos chaussures. Même si le tapis était propre à notre arrivée, il ne le reste pas longtemps. Et ensuite, on va venir frotter nos visages, oreilles sur ces tapis. Pas terrible quoi…
Il faut donc veiller à bien se laver après l’entrainement, et nous on pense qu’il ne faut pas le faire avec n’importe quoi. Les savons industriels présents sur le marché ne sont pas renforcés en huiles essentielles permettant de combattre les germes efficacement. Ensuite, la « cuisson » de la pâte à savon monte jusqu’à 200 degrés ! Donc même si il y avait des huiles, elles s’évaporeraient.
Pour finir, en production industrielle, la glycérine produite durant la saponification et destinée à assouplir votre peau est retirée car elle risquerait d’encrasser les machines de production. Il faudra donc rajouter par la suite des lubrifiants externes (graisse de porc ou bœuf souvent, mais aussi parfois des composants de ce qui constitue les lubrifiants d’huile pour moteur). La glycérine de nos savons est celle qui se forme naturellement lors de la saponification, rien d’autre.
Adrien : Il y a aussi la question des gels douches. Ils contiennent beaucoup d’eau, et ça mine de rien, ils ont beau sentir bon et fort, ça en fait des nids à bactéries.

Jits : Est-il difficile de lancer une marque en France ?
Jérémie : Ce n’est pas simple, on ne va pas se mentir. Encore plus pour nous dans la cosmétique, les normes françaises sont extrêmement contraignantes, on ne peut pas faire ce que l’on veut. C’est aussi ce qui fait que nos produits sont de si bonne qualité.
Mais comme toujours, il faut y croire. Le plus important, le faire avec passion et honnêteté. On aurait pu proposer des produits plus faciles à produire, moins chers… mais la qualité n’aurait pas été au rendez-vous. Il y des marques que ça ne dérange pas, nous ce n’est pas notre façon de faire.
Adrien : Quand on a commencé à conceptualiser Clean Hugs, le choix de fabriquer en France est apparu comme une évidence, de même que faire un produit respectueux de l’environnement. Cela va aussi avec l’esprit Jiu Jitsu : on prend soin de son corps simplement, naturellement. On bénéficie aussi de l’aura des cosmétiques français dans le monde et cela nous aide à développer l’export.
Jits : Dans quels milieux comptez-vous commercialiser le savon ? Avez-vous une stratégie particulière, pour vendre ou sensibiliser le public ?
Jérémie : Milieu des sports de combat bien sûr, c’est de là que nous venons Adrien et moi, c’est notre famille ! Mais nous commençons déjà à être distribués dans des salles plus généralistes.
Nous utilisons beaucoup les réseaux sociaux bien sûr pour nous faire connaître, aujourd’hui on ne peut pas nier que c’est un des moyens les plus rapides de faire passer un message.
Adrien : On démarche beaucoup : les distributeurs spécialisés dans le sport, les parapharmacies, les clubs de JJB. Ce qu’on préfère, c’est passer dans les académies, tourner et… éventuellement parler de nous. On est toujours très bien reçus.
On a la chance d’être entourés de gens de bonne volonté, le bouche à oreille fonctionne super bien. On reçoit des tas de messages très enthousiastes, de gens qui sont prêts à nous aider alors qu’on ne les connait même pas. La communauté JJB française est vraiment incroyable.”
Jits est le premier magazine de jiu-jitsu brésilien, retrouvez le dans son édition française sur www.jits.fr
DÉCOUVREZ L’UNIVERS CLEAN HUGS

The contact, the mats, the sweat; All of this equals the transmission of germs and other dirt. This is one of the downfalls of our sport, and if you have been practicing for a few months or years, you’ve already had to deal with this kind of inconvenience. Or maybe you’re one of the lucky ones who has slipped through the cracks? We are not equal in the eyes of infections and diseases and some of us need a boost to protect ourselves.
Showering after a workout is a must, but not all products are as effective as others. We went to meet Jérémie and Adrien, the founders of Clean Hugs, who, for a few months now, are noticed not only by the design of the brand, but especially by the response of athletes who are using the soaps they offer.
Jits: Hello Jérémie, hello Adrien, can you introduce yourselves?
Jérémie: I’ve always been an athlete. I’ve done a lot of climbing (I still do it from time to time …) and Muay Thai. I discovered BJJ (Brazilian JiuJitsu) 4 years ago and there has been nothing more impacting. I was a restaurateur in Paris and I sold my restaurant a little more than a year ago. Today I am 100% working on Clean Hugs.
Adrien: I started BJJ in 2011. I had not been involved in sports for a few years, it completely changed my life. Since I started running, I did the semi-marathon in Paris this year. As far as work, I used to work as a commercial buyer and seller, as well as working in logistics for big corporate companies.
Jits: Can you tell us about your Clean Hugs project? Are you dermatology specialists?
Jérémie: No! I’m not dermo! But I caught a staphylococcus two years ago. It was hell, five months away from the mats, treatments, difficulties working, some days I could barely walk. I started to do research to understand exactly what I had and then to find solutions to prevent that from ever happening again. I quickly realized that nothing really good quality existed to prevent skin disease. I talked to Adrien and the Clean Hugs adventure began.
Adrien: When Jérémie shared the idea with me, I was immediately interested. By investigating the subject, it soon became clear that there was a real need to be filled. So we knew we had to get started.
Jits: Where does the design of the packaging and the brand (the old school wrestler) come from?
Jérémie: We did not want to be “locked up” in the BJJ world. Every athlete will someday be confronted with some dermatological problem related to his sporting activity. Sweating, rubbing, water … all this will allow certain fungi, certain bacteria to develop on your skin. My wife has a branding company. We went to her, explaining that we wanted to have a chic image, not the typical BJJ branding but a little brawling, very French, and open to an international aesthetic. Simple right? We are very proud of the result.
Adrien: The packaging was a big topic of debate … We wanted something that would please everyone but would speak specifically to people who practice BJJ. We studied the work of several artists and what Michele Marconi did was the modern and vintage spirit that we wanted to give to Clean Hugs. We are really happy with what it gives, it leaves no one indifferent.
Jits: How is the soap made? What are the raw materials used, the process?
Adrien: Clean Hugs is very simple. Baking soda is mixed with a fatty substance (olive oil, coconut oil) and essential oils with antibacterial and antifungal properties, nothing else, natural. The mixture increases in temperature by chemical reaction. This is called “saponification” where soap and glycerine are formed. The temperature is controlled, so that it does not rise to more than 40 degrees, it is the most important part because this is what causes the essential oils to retain their properties and therefore protect your skin.
Jits: How is a soap like yours better than a normal soap? Do you think “normal” soaps are not good enough for jujitsukas?
Jérémie: Jiujitsukas are exposed to all sorts of bacteria, germs and fungi that develop on mats. Often the coaches tell me: “We clean the mats every day!” That’s already very good, really. The problem is that we all arrive on the tatami mats after a day of work, after permeating in our clothes and our shoes all day. Although the mats were clean when we arrived, it doesn’t last long. And then, we rub our faces, ears on these mats. Terrible? So we must make sure to wash well after training, and we often don’t think we need to.
The industrial soaps on the market are not reinforced with essential oils to fight germs effectively. Then, the “boiling” of the soap rises to 400 degrees! So even if there are essential oils, they evaporate and the positive properties are gone.
Finally, in industrial production, the glycerin produced during the saponification, intended to soften your skin, is removed because it could clog the production machines. External lubricants (pig fat or beef often, but also sometimes components of what constitutes engine oil) are added later. The glycerin in our soaps is formed naturally during saponification, nothing else.
Adrien: There is also the issue of shower gels. They contain a lot of water. It doesn’t matter if they feel good, they are nests for bacteria.
Jits: Is it difficult to launch a brand in France?
Jérémie: It’s not easy, we’re not going to lie. Even more for us in cosmetics, French standards are extremely restrictive, we can not always do what we want, but this is also what makes our products so good.
As always, we must believe in it and the most important, we do it with passion and honesty. We could have offered products that were easier to produce, cheaper … but the quality would not have been there. There are many brands that don’t care about these things, but that is not our way..
Adrien: When we started to conceptualize Clean Hugs, the choice to make it in France was obvious, as well as making an environmentally friendly product. This is the mind of Jiu Jitsu: one cares for one’s body simply, naturally. We also benefit from the aura of French cosmetics in the world and this will help us to develop export.
Jits: In which environments do you plan to market soap? Have you got a particular strategy, to sell or raise public awareness?
Jérémie: Combat sports, of course, that’s where we come from, Adrien and I, our family! But we are already starting to be distributed in more general spaces.
We use a lot of social networks of course to make ourselves known, today we can not deny that it is one of the quickest ways to get a message across.
Adrien: A lot is being done: distributors specialized in sports, parapharmacies, JJB clubs. What we prefer is to be purchased in the academies, to be used at the source and … eventually for people to talk about us. We are always very well received.
We are lucky to be surrounded by people of good will, word of mouth works great. We get lots of very enthusiastic messages, people who are willing to help us when we do not even know them. The French BJJ community is truly incredible.
Jits is the first Brazilian Jiu-Jitsu magazine, find it’s French edition at www.jits.fr